L’Université de Caen Normandie, via le Laboratoire MERSEA, a acquis une véritable expertise, reconnue nationalement et internationalement, dans la dynamique des stocks de céphalopodes (seiches et calmars) avec 6 thèses soutenues et une cinquantaine d’articles scientifiques publiés. Ces espèces revêtent de plus en plus une importance économique vitale pour les pêcheries normandes.
Pour la flottille normandes (source IFREMER -SIH-2024) les calmars sont la 3e ressource pêchée (en 2022) et les seiches la 5e. Ce sont pour l’instant les espèces suivies mais l’arrivée (ou le retour) du poulpe (Octopus vulgaris) et sa progression en Manche est à surveiller dès maintenant, si l’on veut pouvoir étudier sa dynamique à l’avenir. Les interactions poulpes/coquilles st.jacques sont un exemple du rôle des céphalopodes dans l’écosystème.
Les derniers travaux, avec la thèse de Anna MARCOUT, intitulée « Modèles spatialisés pour la pêche d’espèces à vie courte : application aux Céphalopodes » permettent de prédire l’abondance de ces céphalopodes. Par conséquent, il est possible d’envisager de passer à un stade « pilote » d’application des modèles prédictifs du recrutement ou des migrations pour une meilleure information des gestionnaires et des professionnels.
Les ressources exploitées en Manche s’étendent en Mer du Nord et sont partagées par plusieurs pays qui préparent une démarche analogue. Cette démarche est consécutive aux préconisations du groupe d’experts WGCEPH (Working Group on Cephalopod Fisheries and Life History) auquel Jean-Paul ROBIN participe. Mettre à jour les évaluations de stocks en Manche et les étendre à la mer du Nord incite les collègues belges, hollandais et allemands à partager leurs données et développe une coopération internationale utile aussi pour gérer les interactions entre flottilles en Manche.
Le projet MOCEM a pour objectifs de :
1. Mettre à jour les diagnostics obtenus à l’aide de modèles de surplus de production pour les seiches et les calmars (encornets) et affiner les diagnostics des calmars par une analyse de chacune des deux espèces exploitées et de leurs particularités.
2. Prédire l’abondance et la localisation des nouvelles cohortes de calmars à l’aide de données environnementales et organiser la communication sur ces indicateurs au début de la saison de pêche.
3. Analyser l’ampleur des interactions entre les flottilles de pêche exploitant ces ressources (France et Royaume Uni pour la seiche, France, Hollande, Belgique et R.U. pour les calmars).
4. Contribuer au suivi des débarquements de la pêche normande en participant à l’échantillonnage en criée réalisé par l’université.
Missions confiées :
La personne recrutée pour ce travail devra à la fois reprendre les procédures utilisées dans un cadre de recherche (scripts R et packages correspondants) pour la mise à jour des diagnostics et des prédictions. Ceci représente un important travail de préparation des données. Elle devra également organiser la communication avec les professionnels et les gestionnaires de façon à leur transmettre à temps diagnostics et prédictions. Enfin, elle devra préparer un recueil d’informations auprès des pêcheurs dans le but de comparer l’incertitude associée aux prédictions (leur intervalle de confiance) avec les premiers constats des professionnels en début de saison de pêche. Le travail sera effectué principalement au laboratoire MERSEA (Campus 1 de l’université) avec des missions pour l’échantillonnage et pour les actions de communication.
Le profil recherché est celui d’un docteur en écologie marine ou en halieutique (ou bien un titulaire d’un Master avec de l’expérience dans le domaine halieutique). Le travail nécessite une aisance dans la manipulation de scripts R (avec RStudio et Rmarkdown) ainsi que l’utilisation de modèles statistiques et de modèles populationnels.
