Le projet Sarg’Alien s’intéresse à la prolifération de Sargassum muticum, une macroalgue invasive originaire du Japon, présente en Baie de Seine depuis les années 1970. Ces dernières années, son expansion s’est accentuée sur la côte de Nacre, provoquant des perturbations écologiques et des nuisances pour les activités humaines comme la pêche, le tourisme ou la gestion des plages. Les échouages massifs d’algues en été génèrent également des problèmes environnementaux, notamment l’émission de gaz toxiques comme le sulfure d’hydrogène. Cette prolifération pourrait aussi modifier les indicateurs actuels de la qualité des eaux côtières. Les algues vertes du genre Ulva sont aujourd’hui utilisées pour évaluer l’eutrophisation dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau, mais leur concurrence avec les sargasses pourrait remettre en question ce rôle. Le projet vise donc à mieux comprendre la dynamique d’invasion de Sargassum muticum et à évaluer son potentiel comme indicateur environnemental. Sarg’Alien présente une approche pluridisciplinaire combinant écologie marine, biologie et télédétection et se structure en 3 objectifs principaux :
- analyser la dynamique de prolifération des sargasses à partir de suivis de terrain saisonniers en zones intertidale et subtidale. Ces observations permettront d’estimer la biomasse, d’identifier les facteurs environnementaux favorisant leur développement et d’étudier les phénomènes d’échouage sur les plages
- développer des outils de télédétection afin de cartographier et d’estimer les biomasses de sargasses, tant en milieu marin que sur l’estran ;
- évaluer le potentiel de Sargassum muticum en tant qu’indicateur de la qualité des eaux côtières.
Ce projet vise à approfondir la compréhension de cette espèce invasive et à concevoir des outils opérationnels pour le suivi écologique et la gestion du littoral normand.




